mardi 5 juillet 2011

L'affaire DSK: après la bourrasque, un peu de bon sens

N’est-il pas encore trop tôt pour élaborer une petite analyse de l’affaire DSK ? Je me suis retenu jusqu’à maintenant et bien m’en a pris. Il semble que les informations déversées par tombereaux entiers fassent un excellent fumier pour les commentaires de tous ordres dont l’exubérance, à l’image de la végétation tropicale, recouvre d’une gangue inextricable  les réflexions de bon sens. 
Alors tentons de nous en tenir à ces réflexions de bon sens, que j’attends toujours clairement exprimées.
 La première par son évidence, me semble t’il, est qu’un homme, peut-être affecté d’une maladie d’addiction au sexe, n’a pu se retenir de forniquer avec une femme de chambre. Que cette femme de chambre soit une prostituée, qu’elle ait voulu piéger un homme qu’elle aurait su être riche ne change rien au fait. Dans son cas cet acte est pour le moins irresponsable. Après tout, si l'on fait fi de toute morale, il n’y aurait pas grand-chose à en dire si l’homme en question n’avait pas eu, au moment de son acte, à assumer des responsabilités extrêmement importantes et n’avait pas été en lice pour assumer celles suprêmes en France.  
Donc irresponsable.
La seconde est que les élucubrations sur le cheminement de la justice américaine, sur l’aspect peu ragoutant du déballage auquel on a du assister en direct sont dues à la notoriété de la personne mise en cause et à la délectation médiatique qu’elle a engendrée. Cette affaire n’aurait eu aucun retentissement – si ce n’est un entrefilet dans quelque feuille de chou, et encore ! – si elle avait concerné un citoyen lambda. Cette seconde constatation de bon sens montre combien DSK a agit stupidement puisqu'on peut au moins le créditer d'avoir été conscient de sa notoriété.
Donc irresponsable et stupide.
Mais ce n’est pas tout ! Le bon sens aurait également dicté à DSK, qui savait parfaitement ce qui s’était passé, de ne pas ajouter la morgue à l’indignité en s’exonérant de sa responsabilité en plaidant  la relation consentie, en  faisant étalage de la fortune de sa femme puis en plastronnant dans New-York dès que les charges pesant contre lui furent levées.
Donc irresponsable, stupide et arrogant.
On pourrait rajouter l’erreur de vulgarité si on traduisait ces comportements par « Eh bien quoi ? Je me suis payé une prostituée et alors ? »
Et le monde politique de gauche ne veut pas reconnaître cette irresponsabilité, cette stupidité et cette arrogance, sans parler de la vulgarité. Il convoque la présomption d’innocence, la dignité, la retenue et, comble de tout, la souffrance de son champion déchu.
Ce parti et ses idées – au fait lesquelles exactement ?-  doit se saborder et s’il y a des socialistes responsables, dignes et humbles ils doivent créer un nouveau parti.
On reparlera par ailleurs des dérives inacceptables de la presse et surtout des commentateurs un peu plus tard..., ils ne perdent rien pour attendre mais le texte publié par Slate.fr est un bon début !

mercredi 30 mars 2011

Le personnel politique joue en amateur

Le personnel politique, malgré des études plus ou moins complètes, plus ou moins réussies, dans des écoles (dont les plus prestigieuses sont destinées à former des personnels administratifs rappelons-le), se comporte, dans les circonstances actuelles, en amateur.
La question du Front National est intéressante à cet égard.
Que l’on apprécie ou pas les idées défendues par ce parti – et j’avoue ne pas partager, mais alors pas du tout, ses idées sur la gestion économique du pays ; que l’on apprécie ou pas les solutions qu’il propose aux problèmes qu’il prétend résoudre – et je les tiens pour inopérantes, bref, que l’on ait aucune envie d’être gouverné par ses cadres au demeurant totalement insuffisants en nombre et en expérience, il n’en reste pas moins que les manœuvres politiciennes du personnel politique en place  - majorité et opposition confondues – sont celles d’amateurs apeurés !
La seule bonne solution est celle du bon sens : il faut cesser immédiatement d’ostraciser ce parti. Il est impératif de l’accepter dans le jeu politique comme l’ont été en leur temps le parti communiste, Lutte Ouvrière, le poujadisme et plus près de nous le NPA ou le Parti de Mr. Mélenchon. Tous se sont effondrés sur leurs insuffisances idéologiques, structurelles, stratégiques ou à cause de la médiocrité des réponses qu’ils apportent aux problèmes qu’ils soulèvent. Aucun – à l’exception du parti communiste et encore en supplétif soit de De Gaulle soit de Mitterrand – n’a exercé le moindre pourvoir.
Le Front National critique l’émigration non contrôlée ? Tout le monde en convient ouvertement ou sous cape. Il dénonce le chômage, mais qui pourrait le nier ? A part ça ? Il critique la mondialisation et il n’est pas le seul, il veut sortir de l’Euro, il n’est pas le seul non plus, Dupont-Aignan le demande également. Autrement dit les thèmes qu’il développe sont partagés par de nombreux courants à droite ou à gauche.
Or les solutions qu’il propose à ces problèmes sont prônées par les mêmes qui le vilipendent.
Ce qui est grave c’est que ces solutions sont toutes soit des sophismes soit déjà essayées sans succès, soit invraisemblables. C’est sur ce terrain qu’il faut lui livrer bataille. Mais notre personnel politique a peur de se battre sur ces champs de bataille parce qu’il n’a lui-même aucune véritable panacée.
C’est là que le bât blesse.
Ainsi la meilleure façon de combattre le Front National dans ces conditions est de le laisser s’enferrer dans ses propres contradictions et de l’attaquer non pas pour ce qu’il est mais pour ce qu’il prétend être. Certes le peuple n’y verra pas beaucoup plus clair dans un premier temps, mais la sagesse populaire n’est pas un leurre et devant le mur elle sait reconnaître le bon maçon. N’est-ce pas cela le pari de la démocratie ? Le personnel politique et les commentateurs n’ont aucun intérêt à jeter l’anathème mais plutôt à éclairer les prises de parti du peuple. Or on ne convainc pas en tapant mais en expliquant.