N’est-il pas encore trop tôt pour élaborer une petite analyse de l’affaire DSK ? Je me suis retenu jusqu’à maintenant et bien m’en a pris. Il semble que les informations déversées par tombereaux entiers fassent un excellent fumier pour les commentaires de tous ordres dont l’exubérance, à l’image de la végétation tropicale, recouvre d’une gangue inextricable les réflexions de bon sens.
Alors tentons de nous en tenir à ces réflexions de bon sens, que j’attends toujours clairement exprimées.
La première par son évidence, me semble t’il, est qu’un homme, peut-être affecté d’une maladie d’addiction au sexe, n’a pu se retenir de forniquer avec une femme de chambre. Que cette femme de chambre soit une prostituée, qu’elle ait voulu piéger un homme qu’elle aurait su être riche ne change rien au fait. Dans son cas cet acte est pour le moins irresponsable. Après tout, si l'on fait fi de toute morale, il n’y aurait pas grand-chose à en dire si l’homme en question n’avait pas eu, au moment de son acte, à assumer des responsabilités extrêmement importantes et n’avait pas été en lice pour assumer celles suprêmes en France.
Donc irresponsable.
La seconde est que les élucubrations sur le cheminement de la justice américaine, sur l’aspect peu ragoutant du déballage auquel on a du assister en direct sont dues à la notoriété de la personne mise en cause et à la délectation médiatique qu’elle a engendrée. Cette affaire n’aurait eu aucun retentissement – si ce n’est un entrefilet dans quelque feuille de chou, et encore ! – si elle avait concerné un citoyen lambda. Cette seconde constatation de bon sens montre combien DSK a agit stupidement puisqu'on peut au moins le créditer d'avoir été conscient de sa notoriété.
Donc irresponsable et stupide.
Mais ce n’est pas tout ! Le bon sens aurait également dicté à DSK, qui savait parfaitement ce qui s’était passé, de ne pas ajouter la morgue à l’indignité en s’exonérant de sa responsabilité en plaidant la relation consentie, en faisant étalage de la fortune de sa femme puis en plastronnant dans New-York dès que les charges pesant contre lui furent levées.
Donc irresponsable, stupide et arrogant.
On pourrait rajouter l’erreur de vulgarité si on traduisait ces comportements par « Eh bien quoi ? Je me suis payé une prostituée et alors ? »
Et le monde politique de gauche ne veut pas reconnaître cette irresponsabilité, cette stupidité et cette arrogance, sans parler de la vulgarité. Il convoque la présomption d’innocence, la dignité, la retenue et, comble de tout, la souffrance de son champion déchu.
Ce parti et ses idées – au fait lesquelles exactement ?- doit se saborder et s’il y a des socialistes responsables, dignes et humbles ils doivent créer un nouveau parti.
On reparlera par ailleurs des dérives inacceptables de la presse et surtout des commentateurs un peu plus tard..., ils ne perdent rien pour attendre mais le texte publié par Slate.fr est un bon début !
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