jeudi 24 janvier 2013

Au sujet de la libération de Florence Cassez


Je me réjouis vraiment de la libération de Florence CASSEZ. Je ne connais rien des détails de cette affaire, et je donne crédit à tous ceux qui défendent son innocence. 
Cependant le traitement médiatique de cette affaire me met mal à l’aise. Cette jolie jeune femme n’était pas un otage, elle n’a pas survécu aux affres d’un conflit armé ni risqué sa vie pour sauver les victimes d’une catastrophe naturelle, bref ce n’est pas une héroïne. Bien sûr elle a sûrement beaucoup souffert ; on peut imaginer ce que sont sept années dans une prison –même si on a pu dire que ce n’était pas un bagne, surtout quand on est condamné à une peine de soixante ans de détention. 
Mais pourquoi  dérouler le tapis rouge, pourquoi  mobiliser deux ministres, pourquoi consacrer des éditions spéciales de plusieurs heures sur toutes le chaines de télévision ? Les organisateurs de cette réception ont-ils tout simplement ressorti leurs notes sur la réception d’Ingrid Betancourt ?
Décidemment nous nous enfonçons dans une civilisation de la communication. On hiérarchise l’information sur l’échelle des émotions. Je ne peux m’empêcher de dénoncer la manipulation.  Le Président s’est lancé dans une guerre avec une impréparation diplomatique coupable, il se fait retoquer toutes les lois emblématiques du programme sur lequel il s’est fait élire, il applaudit un accord entre le patronat et les syndicats qui ne règle aucun des problèmes cruciaux qui ravagent notre économie, il ne veut pas entendre les tristes vérités que ne cessent de clamer la Cour des Comptes …., et cette litanie n’est pas exhaustive.  Autant de problèmes qui devraient faire les titres de tous les médias. 
Mais bien sûr la libération de Florence CASSEZ est une bonne nouvelle, une nouvelle qui rassemble, alors on en fait des tonnes. 
Qui sont les coupables ? Les journalistes sûrement qui font du temps d’antenne et de l’audience à bon compte, mais surtout les politiques qui se dédouanent un instant de leurs terribles insuffisances, et nous aussi qui ne disons rien et avalons la guimauve avec une coupable gourmandise.

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