Je m’étonne constamment de la propension de mes contemporains à vouloir expliquer et déplorer les disfonctionnements de l’univers dans lequel nous vivons par les changements qu’entrainent telles ou telles nouveautés, et cela dans tous les domaines : technologiques bien sûr avec l’informatisation de la société, économiques avec la mondialisation des échanges, politiques avec l’inflation de la communication, etc.
Pour être franc je suis plus désolé qu’étonné et je m’interroge sur ma santé mentale ! Tous ces changements m’apparaissent, à moi, comme normaux. Évidemment je m’en émerveille, incapable que je suis d’en maîtriser ni la conception bien entendu, ni les conséquences à moyen ou long terme. Mais est-ce que je me pose la même question pour la roue, la domestication du bœuf, la culture de la tomate, le moteur à explosion, l’électricité ? Non : j’ai intégré tout cela et tant d’autres choses merveilleuses ou douloureuses comme les maladies dans mon quotidien.
Je viens de lire l’excellent bouquin des frères Bogdanoffque j’avais eu le plaisir d’assez bien connaître lorsqu’ils habitaient encore le château extraordinaire de Montaut-les-créneaux dans le Gers et dont je peux témoigner que se sont tout sauf des bluffeurs. J’y ai lu – au-delà des précisions scientifiques que je ne suis pas capable de discuter- la confirmation de ce que je tiens pour une « croyance évidente » : l’Univers dans lequel nous vivons est en constante expansion et cette expansion s’accélère.
Voilà tout est dit ! Alors pourquoi s’épuiser à discutailler autour de telle ou telle innovation ? Elle n’est qu’une manifestation de cette expansion. Il n’y a pas de morale ou de sentiment là dedans, seulement un fait. Chercher à comprendre, oui ; tenter de déceler les conséquences heureuses ou malheureuses pour moi et l’humanité tout entière de cette expansion, bien sûr. Mais l’important me semble de l’accepter, je dirais même l’accueillir. Je veux en faire mon miel.
Mais ne vois-tu pas que l’Univers court à sa perte, me rétorque t’on très souvent. Et alors ? Bien sûr que l’Univers a eu un commencement et aura une fin. Là encore rien d’extravagant ! Mon commencement a eu lieu il y a plusieurs décennies et j’aurai une fin inéluctablement dans une décennie ou deux au mieux et dans la seconde qui vient peut-être ! Pendant cette période j'aurais vécu des moments positifs d'autres de régression, normal quoi! Et cette fin sera-t-elle nécessairement une perte ? Cela vous priverait de mes cogitations mais que voulez-vous quand on veut démonter une théorie il faut s’y tenir, et je réponds sans forfanterie aucune : non ce ne sera pas une perte !
J’aimerais tant contribuer à faire utiliser toute leur énergie par mes contemporains à construire leur univers plutôt qu’à la consumer à refuser d’entrer dans le grand mouvement de l’Univers.
Je reviendrai sûrement sur ce thème qui se décline en de nombreuses conséquences passionnantes et pleines d’espoir.
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